
Avant et après le baptême
Etude de Actes 2.37-42
Nous sommes le jour de la pentecôte. Une foule s'était rassemblée autour des apôtres et Pierre
s'est adressé à la foule.
" 37 Ce discours toucha profondément ceux qui l'avaient entendu. Ils demandèrent à Pierre et
aux autres apôtres : – Frères, que devons–nous faire ? 38 Pierre leur répondit : – Changez, et
que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus–Christ, pour que vos péchés vous
soient pardonnés. Alors, vous recevrez le don du Saint–Esprit. 39 Car la promesse est pour
vous, pour vos enfants, et pour ceux qui vivent dans les pays lointains, tous ceux que le
Seigneur notre Dieu fera venir à lui. 40 Pierre continuait, avec instance, à leur adresser d'autres
paroles pour les persuader, et il les encourageait, leur disant : – Recevez le salut, séparez–vous
de cette génération dévoyée.
41 Ceux qui acceptèrent les paroles de Pierre se firent baptiser et, ce jour–là, environ trois mille
personnes furent ajoutées au nombre des croyants.
42 Dès lors, ils s’attachaient à écouter assidûment l’enseignement des apôtres, à vivre en
communion les uns avec les autres, à rompre le pain et à prier ensemble."
Texte extrait de la Bible du Semeur
Introduction
J'ai choisi ce texte aujourd'hui pour une raison évidente : c'est l'un des passages bibliques
qui parle du baptême. C'est un texte facile à comprendre, puisqu'il ne s'agit ni d'un exposé
théologique, ni d'une vision, ni d'un poème, mais d'un simple récit de ce qui s'est passé le
jour de la première pentecôte. C'est aussi ce jour là que l'église est née.
Dans sa simplicité même, ce récit nous laisse toutefois quelques leçons essentielles à
retenir.
Le baptême
Le verset 41 nous dit que ce jour-là, trois mille personnes se sont faites baptiser. Qui
étaient ces personnes ? Ce sont celles qui ont accepté les paroles de Pierre. Elles ont donc
fait un cheminement qui les a conduit jusqu'au baptême. Que sont-elles devenues ? Elles
ont été ajoutées au nombre des croyants. Elles ont entamé un nouveau cheminement.
Le baptême nous est présenté dans ce texte comme un passage entre un passé et un
avenir, entre une ancienne vie et une nouvelle vie.
Un avant
Avant ce baptême, Pierre s'est adressé à la foule qui l'écoutait, pour rappeler et commenter
un événement d'actualité, en fait l'événement le plus important de toute l'histoire de
l'humanité. Je vous lis simplement quelques extraits de son discours :
"Vous le savez tous : Jésus de Nazareth … a été livré entre vos mains conformément à la
décision que Dieu avait prise et au projet qu’il avait établi d’avance. Et vous, vous l’avez tué
en le faisant crucifier par des hommes qui ne connaissent pas Dieu. Mais Dieu a brisé les
liens de la mort : il l’a ressuscité, car il était impossible que la mort le retienne captif. …
Dieu a ressuscité des morts ce Jésus dont je parle : nous en sommes tous témoins.
Ensuite, il a été élevé pour siéger à la droite de Dieu. Et maintenant, comme Dieu l’a
-2-
promis, il a reçu du Père l’Esprit Saint et il l’a répandu sur nous. C’est là ce que vous voyez
et entendez."
Ceux qui écoutaient l'apôtre Pierre ont immédiatement compris qu'ils ne pouvaient pas
rester indifférents face à un tel événement. La mort, la résurrection, l'ascension et le règne
de Jésus-Christ appellent de leur part, et de notre part aussi, une réponse, et pas
seulement des paroles mais aussi des actes. C'est pourquoi les auditeurs de Pierre ont
demandé aux apôtres : que devons-nous faire ?
La réponse de Pierre est claire et vaut pour toute l'humanité : repentez-vous dit-il, ce qui
veut dire : changez d'attitude, changez de vie. Ces hommes ont vécu leur vie jusqu'à ce
jour, mais ils n'étaient pas sur la bonne voie. Lorsqu'on se rend compte qu'on a fait fausse
route, il est stupide de s'entêter et de continuer. L'attitude intelligente consiste à reconnaître
qu'on s'est trompé de chemin, et à faire demi-tour pour prendre le bon chemin. Nous avons
tous fait fausse route en vivant comme si Dieu n'existait pas, en lui tournant volontairement
le dos, ou parfois même en lui manifestant notre hostilité. Nous nous sommes tous
engagés, de cette façon, sur la voie du péché.
Pierre invite donc ses auditeurs à faire un bilan de leur vie. Non pas un bilan par rapport
aux critères de notre société, mais un bilan par rapport à l'oeuvre de Christ. Un bilan dont il
faut ensuite tirer les leçons. On peut toujours nier qu'on est sur une fausse route et
poursuivre son chemin. On peut aussi admettre qu'on s'est égaré dans le péché et changer
d'attitude, changer d'orientation, changer de vie.
Il s'agit bien sûr d'un vrai changement. Il n'est pas question ici d'enjoliver telle ou telle partie
de notre vie, d'en améliorer l'un ou l'autre aspect, de prendre de bonnes résolutions tout en
poursuivant le même chemin. Il n'est pas question de pratiquer quelques rites religieux
superficiels sans changer à l'intérieur. Il n'est pas question de s'acheter une conduite par
quelque mérite que ce soit. Pierre parle de séparation : séparez-vous de cette génération
dévoyée, pour ne pas se laisser entraîner par ceux qui persévèrent sur leur fausse route. Il
faut couper avec le passé.
La bonne nouvelle que proclame la Bible, c'est que Dieu a promis qu'il accueillerait chacun
de ceux qui confesseraient leur erreur et viendraient à lui simplement, à ceux qui renoncent
à conduire leur vie eux-mêmes pour laisser le Christ la diriger. Il a promis qu'il leur
pardonnerait leurs péchés, puisque Jésus est mort pour eux. Il leur a promis le salut. Il a
promis qu'il leur donnerait le Saint-Esprit, c'est-à-dire qu'il serait présent auprès d'eux et en
eux.
Ceux qui acceptent ces paroles se font baptiser pour témoigner de leur changement de vie.
C'est la démarche de Stéphanie et de Timothée aujourd'hui, si j'en crois leurs témoignages.
Un après
Mais une fois qu'on a franchi la porte du baptême, il y a un après. Le baptême ne fait que
marquer le commencement d'une vie nouvelle. Cette vie nouvelle, il faut la vivre
pleinement, il faut s'y engager de tout son être, sans regarder en arrière, sans regretter ce
qu'on a laissé. Marcher avec le Christ apporte des bénédictions bien plus grandes que les
plaisirs passagers qu'on a laissés. Et surtout, cette nouvelle route, et cette route seulement,
conduit à la vie éternelle dans le royaume de Dieu, un royaume de justice, de paix et
d'amour.
Le verset 42 nous dit en quelques mots ce qui est important après le baptême. Je
m'adresse donc maintenant plus particulièrement à Stéphanie et à Timothée, mais aussi,
en guise de rappel, à tous ceux qui se sont fait baptiser avant eux.
-3-
En premier lieu, les nouveaux baptisés du livre des Actes se sont attachés à écouter
assidûment l'enseignement des apôtres. Suivre cet enseignement était très important pour
eux, et ils l'ont montré en s'attachant à cet enseignement et en se montrant assidus. Il est
fondamental d'apprendre à bien connaître ce Dieu qu'on a décidé de suivre en toute
confiance. Comment pourrait-on suivre durablement quelqu'un qu'on ne connaît pas ?
Comment pourrait-on croire en lui ? Il est important de le connaître, de connaître sa
pensée, de connaître ses attentes à notre égard. Il est important de bien savoir ce qu'il a
fait pour nous, de quelle façon il nous aime et ce qu'il nous réserve pour l'avenir. Il est
important de pouvoir trouver en lui notre inspiration, notre sagesse et notre force. Il est
important en parallèle de bien comprendre, à son contact, qui on est soi-même.
Cet enseignement se trouve dans la Bible puisque dans ce livre Dieu nous a transmis tout
ce qu'il a jugé utile de nous dire, de nous révéler sur lui-même, sur nous, sur l'univers, sur
l'histoire, sur l'éternité. Nous sommes donc invités non seulement à lire la Bible, mais à
nous attacher à l'étudier, non seulement un peu de temps en temps, mais avec assiduité et
en allant aux fonds des choses. Non pas par obligation, comme un devoir, mais parce
qu'on désire vraiment connaître celui qui nous donne la vie.
Cela reste un effort, sans doute, mais c'est surtout un plaisir, parce que notre effort est
largement récompensé par ce que nous découvrons.
Ce n'est pas un effort académique en vue d'une connaissance académique sans portée
réelle dans notre vie. C'est une leçon vivante et pratique qu'on vit, comme un
apprentissage: l'apprenti en pratique ce que le maître lui montre.
En deuxième lieu, les baptisés du livre des Actes se sont attachés à vivre en communion
les uns avec les autres. Vivre cette communion est tout aussi essentiel. C'est seulement
dans cette dimension communautaire qu'un chrétien peut s'épanouir. Personne ne
s'épanouit dans la solitude. Ce n'est que dans un vrai cercle familial que chacun peut
trouver sa sécurité, son équilibre et son épanouissement. Pour le chrétien, le cercle familial
c'est avant tout l'église, la communauté de ceux qui partagent avec lui la même foi, la
même vie et qui marchent sur le même chemin que lui, sous la direction du même guide,
Jésus-Christ. Attachons-nous donc à vivre, non pas les uns en parallèle avec les autres,
mais les uns en communion avec les autres.
Et qu'allons-nous faire les uns avec les autres ? Le verset 42 nous indique deux priorités.
La première, c'est de rompre le pain, c'est-à-dire de prendre ensemble la cène, c'est-à-dire
encore de nous souvenir ensemble de ce que le Christ a fait pour nous et de lui en rendre
hommage par nos louanges et par notre adoration. En résumé, notre première priorité
ensemble, c'est de rendre un culte à Dieu.
La deuxième priorité, c'est de prier ensemble. C'est de savoir reconnaître que nous
dépendons entièrement de Dieu pour toutes choses. La force n'est pas en nous, comme le
monde voudrait nous le faire croire. La force et la sagesse sont en Dieu seul. C'est
pourquoi, très logiquement, nous avons recours ensemble à la prière pour demander à
Dieu, à qui tout est possible, de nous donner tout ce qui nous est nécessaire.
Si nous faisons cela, nous n'avons pas à nous préoccuper du reste. Nous n'avons pas à
nous tracasser au sujet des choix que nous aurions à faire, des actions que nous devrions
entreprendre, ni nous inquiéter de la façon de les mener ou à propos des moyens
nécessaires, parce que notre Dieu conduira toutes choses et pourvoira à tous les besoins.
Pour résumer et conclure très brièvement
Avant le baptême, une faute qu'on reconnaît, une voie sans issue qu'on quitte.
Le baptême où l'on meurt à soi-même pour revêtir une nouvelle vie, la vie de Christ.
Après le baptême, un plein engagement avec Dieu et les uns avec les autres.
Voici les quelques réflexions que je souhaitais partager avec vous ce matin.
LA TENTATION (Jacques 1.12-15)
La tentation est une mise à l’épreuve, elle se présente pour le croyant lorsqu’il se troue dans une situation où il entend simultanément deux appels: l’un qui le pousse à transgresser le commandement de Dieu, l’autre à faire ce qu’il sait être la volonté de Dieu.
1. SATAN ET LA TENTATION (1 Pierre 5.8)
* Sa nature : il est appelé « le tentateur » dans Mat 4.3. L’apôtre Pierre en parle comme notre adversaire, le diable. Il le compare à un lion rugissant, cherchant qui il dévorera.
* Son but : détourner le croyant de Dieu ou de l’obéissance à Dieu. Selon le plan de Dieu, Jésus devait mourir sur la croix pour expier nos péchés. Sachant cela, le diable a tout mis en œuvre pour empêcher Jésus d’accomplir sa mission. L’enjeu était de taille car il s’agissait du salut de l’humanité. Le désir profond de Dieu est toujours de sauver ceux qui sont perdus. Attendons nous donc à ce que le diable nous mette des bâtons dans les roues chaque fois que nous témoignons.
* Ses moyens : Il insinue le doute et suggère la rébellion. A Eve il a soufflé à l’oreille : « Dieu a-t-il réellement dit : vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin. » En lui faisant cette suggestion il espérait ébranler la confiance qu’Eve avait en Dieu. Après cela, il lui était facile de glisser un mensonge à son oreille et de l’inciter à la révolte contre Dieu. Aujourd’hui, sa stratégie est toujours la même : ébranler la confiance que nous avons en Dieu pour nous inciter à lui désobéir. Soyons donc sur nos gardes. Pour pouvoir arriver à ses fins il peut même se transformer en ange de lumière (2 Cor 11.14). N’oublions pas que même l’apôtre Pierre a été utilisé par le diable pour détourner Jésus de sa mission. Il peut donc se servir de nos meilleurs amis pour cela.
2 DIEU ET LA TENTATION
* Le diable ne peut tenter qu’avec la permission de Dieu. Nous lisons dans le livre de Job : »L’Eternel dit à Satan : Voici, tout ce qui lui appartient, je te le livre ; seulement, ne porte pas la main sur lui ». (Job1.12) La souveraineté de Dieu ressort nettement de cette parole : la puissance de Satan est limitée à celle que l’Eternel lui accorde. En aucun cas ; la Bible n’affirme un dualisme absolu, opposant deux puissances (le Bien et le Mal) de force égale ; Satan a été crée par Dieu et demeure entièrement dépendant de Lui.
*Dieu permet la tentation car elle constitue une épreuve de la foi destinée à fortifier le croyant. Voilà pourquoi Jacques écrit dans son épître « Mes frères, regardez comme un sujet de joie les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien » (Jac1.2-4). Dieu désire accomplir une belle œuvre en nous : nous rendre semblable à l’image de Jésus. Quand nous nous convertissons, nous ressemblons à cette pierre brute que le sculpteur doit travailler avec son burin pour qu’elle devienne une œuvre d’art.
Un autre passage de l’Ecriture peut nous éclairer à ce sujet. L’apôtre Pierre écrit dans sa première lettre : « C’est là ce qui fait votre joie, quoi que maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l‘or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra ». (1Pi1.6 .7) Dans ces versets nous apprenons que les épreuves auront une durée limitée et qu’elles servent à éprouver la valeur de notre foi. En considérant l’œuvre que Dieu peut accomplir par le moyen des épreuves nous pouvons porter sur elles un regard différent. Elles nous permettent de grandir spirituellement. Si Dieu permet la tentation, cela ne veut pas dire que c’est lui que nous tente. Jacques le rappelle dans son épître : » Que personne lorsqu’il est tenté par le mal ne dise : c’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne. » (Jac1.13) Jacques rejette l’excuse que pourrait donner celui qui ne tient pas ferme face à la tentation. Chacun est responsable de ses échecs et il est inutile d’en attribuer la responsabilité à Dieu.
* Dieu contrôle toujours la tentation, en temps et en intensité, et donne la possibilité d‘en triompher. Il est bon de garder en mémoire ce que l’apôtre Paul a écrit aux Corinthiens : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos force, mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1Cor10.13) L’épreuve peut être comparée à un tunnel qui, humainement, nous parait sans fin. Et pourtant, au bout il y a la lumière. Dieu sait ce que nous pouvons supporter et il a déjà préparé une issue dans sa grâce infinie. La promesse est pour nous ce matin : « Le Seigneur est fidèle, il vous affermira et vous gardera du malin. » (2 Th 3.3). S’il a délivré Lot le juste, profondément attristé par la conduite de ses concitoyens dans leur dérèglement, le Seigneur sait donc délivrer de l’épreuve les hommes pieux. (2 Pi 2.9)
*Dieu n’enlève donc pas la tentation, mais il aide à ne pas faillir. Priant pour ses disciples peu avant d’être livré Jésus s’adressa au Père en disant : »Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal ». (Jn17.15)
3. L’HOMME ET LA TENTATION
Toute tentation n’est pas systématiquement de Satan ; L’homme en est aussi responsable par « les mauvais désirs (Jc1.14) qu’il porte en lui, qui l’appâtent, le séduisent et l’entraînent ».
La source de la tentation est moins à l’extérieur qu’à l’intérieur de nous. « Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les débauches, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. » (Marc 7.21-23)
Il y a trois grands types de convoitises selon 1 Jn 2.15-16 :
*La convoitise de la chair, ou les désirs mauvais de l’être humain. L’apôtre Paul décrit bien ce conflit qui existe dans le cœur de chaque chrétien : « Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. » (Rm7.21-23). L’ »autre loi », qui lutte, c’est notre nature pécheresse. Elle représente notre vulnérabilité au péché et renvoie à tout ce qui n en nous, est fidèle à notre ancien style de vie pécheur plutôt qu’à Dieu.
Pour sortir de cet engrenage, l’apôtre Paul nous donne un bon conseil : « Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez pas ce que vous voudriez. Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi. » (Ga5.1-17)
Dans l’Ecriture nous trouvons plusieurs exemples de conduite charnelle. Le plus connu est celui de David. Ce roi choisi par Dieu a eu des dérapages sérieux dans sa vie. Un après midi, après la sieste, David se promène sur le toit en terrasse de son palais, Il aperçoit une femme qui se baigne. Elle est très belle, Il envoie quelqu’un demander qui est cette femme. On lui répond : « C’est Batchéba, la fille d’Eliam et la femme d‘Urie le Hittite. » David envoie des messagers la chercher. Batchéba arrive chez le roi. Elle vient juste de se purifier après ses règles. David passe la nuit avec elle, puis elle rentre chez elle. Or Dieu avait précisé dans sa loi : tu ne commettras pas d’adultère, autrement dit, tu ne prendras pas la femme d’un autre homme. C’est ce qu’a fait David car il voulait posséder ce que sa chair convoitait. Attention à la convoitise de la chair. Elle peut nous précipiter dans le fossé. Combien d’hommes sont tombés dans ce péché depuis et ont ruiné leur réputation.
* La convoitise des yeux, soit le désir avide de posséder ce que l’on voit.
Akan en est un exemple flagrant. Après la bataille de Jéricho il avait vu parmi les richesses de l’ennemi un très beau manteau de Mésopotamie, deux cent pièces d’argent et un demi-kilo d’or. Il en a eu envie et les a pris. Puis il les a caché dans la terre au milieu de sa tente car il savait que Dieu avait interdit de prendre ces objets appartenant à l’ennemi. Sa faute a entrainé la défaite de tout le peuple. Ce désir de posséder peut aussi nous gagner si nous n’y prenons pas garde. Nous vivons, d’ailleurs, dans une société qui attise les convoitises. Apprenons, comme l’apôtre Paul,à nous contenter de ce que nous avons et nous ne serons pas tentés d’avoir ce que possède le voisin.
* L’orgueil de la vie : la poursuite de la puissance et de la gloire, l’assurance dans ses propres ressources, la sécurité placée dans les choses terrestres.
Nébucatnetsar était un roi orgueilleux qui était à la tête d’un vaste empire. En se promenant sur le toit en terrasse du palais de Babylone il se vantait d’avoir bâtie cette ville grâce à son immense pouvoir pour faire honneur à sa grandeur. Il n’avait pas encore fini de parler qu’une voix vint du ciel et dit : »Roi, Nebucanetsar, écoute ce message : le pouvoir royal t’est enlevé ! Tu vas être chassé du milieu des humains. Tu vivras parmi les bêtes sauvages et tu mangeras de l’herbe comme les bœufs. Cela durera sept ans. Au bout de ce temps tu reconnaitras ceci : le Dieu très haut est le maître des royaumes humains et il donne le pouvoir royal à qui il veut ». Cette parole s’est réalisée aussitôt.
Nous ne sommes pas roi comme Nebucanetsar, mais Dieu nous a confié des talents, des richesses et peut-être une fonction particulière. Ne nous vantons pas de ce qui nous a été donné par grâce. Remercions plutôt le Seigneur et reconnaissons son autorité. Que recherchons-nous dans ce monde ? La gloire, le pouvoir ? Ce n’est pas ce que Jésus a poursuivi. Il désirait avant tout plaire à son Père céleste. A nous de faire de même.
Les biens matériels ne sont pas éternels. Il n’est pas bon de s’attacher à ce qui va disparaître. Jésus raconte une parabole à ce sujet : Un homme riche avait des terres qui lui rapportèrent de bonnes récoltes. Il réfléchissait et se demandait : « Que vais-je faire ? Je n’ai pas de place où amasser toutes mes récoltes. Puis il ajouta : « Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grand, j’y amasserai tout mon blé et mes autres biens. Ensuite, je me dirai à moi-même ; Mon cher tu as des biens en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois et jouis de la vie. » Mais Dieu lui dit : « Insensé ! Cette nuit même tu cesseras de vivre. Et alors, pour qui sera tout ce que tu as accumulé ? Jésus ajouta : « Ainsi en est-il de celui qui amasse des richesses pour lui-même, mais qui n’est pas riche pour Dieu ». (Luc 12.16-21)
Comme nous avons pu le constater, la tentation place l’homme devant un choix qui appelle une décision. David aurait pu choisir de ne pas commettre l’adultère avec Bathchéba. Akan aurait pu éviter de prendre ces objets interdits. Nebucatnetsar aurait pu tenir compte des avertissements divins et se soumettre au Très-haut. L’homme riche aura pu utiliser les richesses que Dieu lui avait confiées au service des autres.
Un jour où l’autre nous serons aussi placé devant ce choix. Obéir à Dieu où satisfaire les désirs de notre propre nature. C’est maintenant qu’il nous faut prendre cette résolution de le mettre en premier.
La tentation n’est pas un péché ; choisir la proposition de Satan l’est. David n’est pas coupable du premier regard qu’il a porté sur Bathchéba, mais du second qui était l’expression de sa convoitise. Jésus dit lui-même : tout homme qui regarde la femme d’un autre en la désirant a déjà commis l’adultère avec elle en lui-même. (Mt 5.28).
Akan n’est pas coupable du premier regard qu’il a porté sur ces objets interdits, mais du second qui était rempli de désir. Le vol est interdit par la Loi. L’apôtre Paul écrit : « Que celui qui volait cesse de voler ». (Eph4.28)
Et s’il nous arrive de pécher, que devenons-nous ? Heureusement pour nous, Dieu a des ressources infinies. Il a prévu un moyen extraordinaire pour nous restaurer. Si nous confessons nos péchés, nous pouvons avoir confiance en Dieu, car il est juste : il pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout mal (1Jn1.9) Et si quelqu’un commet un péché, nous avons un avocat auprès du Père : Jésus-Christ, le juste. Car Jésus s’est offert en sacrifice pour le pardon de nos péchés (1Jn 2.1-2)
4. LA VICTOIRE DANS LA TENTATION
Nous pouvons donc avoir la victoire dans la tentation. Quelles sont les ressources dont nous disposons ?
* La sympathie de Jésus et son aide. Au cours de son ministère Jésus lui même a été tenté de plusieurs façons. Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de souffrir avec nous de nos faiblesses. Au contraire, notre grand prêtre a été tenté en tout comme nous le sommes, mais sans commettre de péché (He 4.15) Et maintenant, il peut secourir ceux qui sont tentés, parce qu’il a passé lui-même par la tentation et la souffrance (He 2.18). Jésus a pris ce chemin avant nous, c’est pourquoi il peut nous comprendre et nous secourir.
* La vie de communion avec Lui. Si nous restons uni à Jésus Christ nous pouvons triompher. Loué soit Dieu, car il nous entraine sans cesse dans le cortège de victoire du Christ. Par nous, il fait connaître le Christ en tout lieu, comme un parfum dont l’odeur se répand partout (2 Co 2.14). En clouant Jésus Christ sur la croix Dieu a désarmé les autorités et pouvoir spirituels, il les a donnés publiquement en spectacle en les emmenant comme prisonniers dans le cortège triomphal de son Fils (Col 2.14,15),
*La résistance à Satan et la soumission à Dieu. Nous sommes invités à ne pas baisser les bras quand surviennent les difficultés. Pierre nous exhorte dans ce sens : « Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde (1Pi 5.9) Le week-end dernier Michel Sig nous a partagé les combats difficiles de nos frères et sœurs persécutés. Jacques tient à peu près le même langage : Soumettez vous donc à Dieu, résistez au diable, et il fuira loin de vous (Jc4.7) C’est grâce à cette résistance que la dernière guerre a pu se terminer par la victoire. Que se serait-il passé s’ils s’étaient tous rendus ?
* La parole de Dieu est une arme redoutable à notre disposition. Jésus s’en est servi pour faire face à la tentation. Il a pu ainsi éviter les pièges du diable car il se nourrissait de la Parole de Dieu. Il est écrit en effet : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Combien de temps passons nous à la lire, à la méditer, à l’étudier ? Savons-nous manier l’épée de l’esprit qui est la parole de Dieu ?
* La prière et la vigilance. Veillez et priez pour ne pas tomber dans la tentation. L’être humain est plein de bonne volonté, mais il est faible (Mat 26.41) Faites en tout temps par l’esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints (Eph6.18)
* La fuite, loin de la source de la tentation. Je pense à Joseph qui a refusé l’invitation de sa maîtresse et a préféré s’enfuir pour ne pas coucher avec elle. L’apôtre Paul recommande à Timothée : fuis les passions de la jeunesse, et recherche la droiture, la foi, l’amour, la paix avec ceux qui, d’un cœur pur, font appel au Seigneur (2Tim 2.22) Ce conseil reste valable pour nous aujourd’hui. Quelquefois la fuite est la meilleure des protections.
En conclusion je dirai que nous sommes engagés dans une guerre spirituelle dont l’enjeu est le salut de l’humanité. Un soldat doit être d’abord soumis à son commandant pour pouvoir se battre efficacement. C’est cela qui nous aidera à résister devant les assauts de l’ennemi. Notre arme la plus efficace est la prière. Qu’en faisons-nous ? Nos directives viennent de la parole de Dieu ? L’écoutons-nous ? Notre chef Jésus Christ marche devant nous. Le suivons-nous ? Veillez et priez reste notre consigne. Ne l’oublions pas ! Car tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. Qui est celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu (1Jn5.45).