
… en mai fais ce qu'il te plaît(Volonté de Dieu ou volonté de l’homme ?)
Cette phrase tirée d’un dicton populaire m’interpelle dans un sens plus large que celui de son contexte d’origine : « Faire tout ce qui nous plaît ou pas ? »
La pensée contemporaine abonde dans ce sens il me semble, avec comme limite à la liberté d’autrui ; la mienne. « Faites ce que vous voulez à condition que cela ne m’impacte pas ».
Le message de l’Eglise chrétienne va parfois se heurter fortement à cette pensée, en lui rétorquant que le chrétien se doit de faire la volonté de Dieu, à l’exemple de Jésus qui dit de lui-même : «…car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé…» (Evangile de Jean 6:38)
Il semble difficile de donner une réponse unique à cette question « Faire la volonté de Dieu ou faire notre volonté ? » et la perspective quotidienne d’un choix aussi binaire peut être très stressante (Si je fais cela est-ce la volonté de Dieu ou pas ? Et si je me trompe ? Pourquoi Dieu ne me dit pas quoi choisir dans cette situation ? Comment savoir si cette idée vient de moi ou de Dieu ? ...). Je vous propose quelques pistes de réflexions…
1. Le texte biblique apporte des éléments variés et qui pourraient paraître contradictoires :
« Ne t'ai-je pas donné cet ordre : Fortifie-toi et prends courage ? Ne t'effraie point et ne t'épouvante point, car l'Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras. » (Livre de Josué 1:9)
« Recommande à l'Éternel tes œuvres, et tes projets réussiront. » (Livre des proverbes 16:3)
Ces deux textes semblent abonder dans le sens de la liberté à réaliser nos projets.
« Il y a dans le cœur de l'homme beaucoup de projets, Mais c'est le dessein de l'Éternel qui s'accomplit. » (Livre des proverbes 19:21)
« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! N'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Evangile de Matthieu 7:21)
Ces deux autres textes soulignent l’importance de la volonté de Dieu.
2. Rappelons ceci : Dieu a créé initialement l’homme libre, avec la faculté de penser et choisir. Mais le péché l’a enfermé dans un esclavage que Jésus-Christ à vaincu en offrant sa vie à la croix. Celui ou celle qui va accepter l’Evangile va pouvoir retrouver cette liberté originelle « En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. Or, l'esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours. Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » (Evangile de Jean 8:34-36)
Fort de cette liberté retrouvée, l’homme et la femme sont de nouveau placés dans une relation Créateur-créature ou Père-enfant avec Dieu. Et toute relation de ce type contient une part incontournable de responsabilité et d’obéissance qui vont évoluer en même temps qu’évolue la relation. Utilisons l’image des grandes étapes de vie : enfance, adolescence, âge adulte :
- volonté directive, plan figé ; relation infantile très cadrée
- volonté assouplie, avec liberté croissante et prise de décision ; relation adolescente
- volonté très libre et très responsabilisante : relation adulte
Il convient donc de connaître (et d’accepter humblement) notre ‘âge spirituel’ pour comprendre comment va s’exercer la volonté de Dieu envers nous. Enfin, plus la relation va évoluer vers un stade adulte (évolution qui n’est pas liée aux années qui passent mais à la transformation intérieure qui s’effectue… ou pas), plus la manière de faire les choix sera responsabilisante et libre.
4. L’Apôtre Paul formule cette requête : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » (Epître aux Romains 12:1-2)
Ce texte exprime le désir de rechercher de la volonté de Dieu, mais qui ne peut se faire qu’au travers de la transformation intérieure du chrétien, un peu comme un brouillard qui se lèverait progressivement pour laisser apparaître tous les détails d’un magnifique paysage.
3. Un échange de Jésus avec un Erudit de La loi juive nous donne des fondements importants qui doivent peser dans nos choix : « Et l'un d'eux, docteur de la loi, lui fit cette question, pour l'éprouver : Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » (Evangile de Matthieu 22:35-40).
L’amour est donc aux yeux de Jésus le moteur principal de toutes les règles qui régissent le Royaume de Dieu (reste à définir plus en détail l’amour selon Dieu…).
En conclusion, il semble donc judicieux de chercher des éléments de réponse au delà de la simple balance entre : faire la volonté de Dieu / faire la volonté de l’homme.
Celui et celle qui est entré dans une vie de foi, qui se renouvelle sous l’action du Saint Esprit va être de plus en plus intimement lié au Créateur. Nous allons viser à établir et entretenir une relation où ‘le courant passe bien’ : Nos désirs vont se diriger progressivement dans la même direction que ceux de Dieu et vont ainsi accomplir Sa volonté en nous donnant une grande liberté car cette volonté devient nôtre.